Waxed concrete, coloured concrete, decorative surfacing, smoothed concrete                Jacques Maudhuit, dit Michel Aurouze vous convie à un "Ciel-Voyage"grâce à ses tableaux qui illustrent ses romans.
 
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Les Millepertuis    

 

 

En vente contre 17 euros chez :
Jacques MAUDHUIT
chemin du Replat
84100 UCHAUX

EXTRAIT : "Michaël avait alors sauté sur Léo pour I'étrangler. II avait pris le col de sa chemise pour le tordre et enserrer son cou. II s'en était fallu de peu qu'il ne le fît! Bien sur le temps filait et chaque seconde qui passait l'éloignait davantage de Hubert ! Bien sûr, comme dans la mélodie où chaque note en appelle une autre, comme les gouttes de pluie au printemps qui se succèdent sur le toit, l'image de son ami s'éloignait avec le chant sonore du ruisseau qui, en s'écoulant, frappe les cailloux tranchants de la rigole.

Léo savait ce qu'il disait au moment précis où il l'avait énoncé: il s'en était aperçu à 1'intonation un peu ironique, à la prononciation lente et précise avec laquelle ses lèvres avaient formulé chaque mot. II voulait effacer 1'autre pour prendre sa place. Au moment où Michaël fonçait sur lui, à la seconde même, Léo avail compris que jamais plus il ne faudrait se comporter ainsi : il faudrait au contraire tolérer celui qui 1'avait quitté, aimer Michaël avec sa douleur d'avoir perdu Hubert. Puis il s'était calmé : une phrase si courte, si peu de mots contenant tant d'amour et de douleur mêlés; peut-être douze mots au total et ... il avait failli être tué ! Tout cela fut compris d'eux au moment où la phrase était prononcée.

Pour finir, Michaël 1'avait encerclé de ses bras contre le mur et au moment où il allait 1'embrasser il s'était reculé et avait susurré : "Allez ! maintenant fous le camp !"

Léo s'était retrouvé seul dans la rue, abasourdi par tout ce qui était soudainement advenu"

 

 

 


Millepertuis pour Michel Aurouze
par Pascal Éloy


Après avoir publié Une Fleur d’Edelweiss en 1967, Michel Aurouze fut invité aux Universités Homosexuelles d’Eté de Marseille où Geneviève Pastre a remarqué son écriture. À cette occasion, l'auteur a rencontré Hugo Marsan qui lui a demandé d’écrire un livre sur les milieux cuir afin qu'on cesse de les assimiler à l’extrême droite malgré leur fascination pour des uniformes au look presque nazi. Michel Aurouze a donc rédigé en 1991 Les Rameaux de pêchers que Geneviève Pastre a tout de suite édité. Par la suite, le romancier est resté fidèle à son éditrice chez qui il a publié Les Millepertuis en 1998.


Issu d’un milieu d‘enseignants rigoureux, Michel Aurouze devait aller en faculté pour y suivre des études de chirurgien-dentiste. À cette époque, il se savait déjà homosexuel mais pensait que si son père l'avait appris, il l’aurait tué sur-le-champ. Ce qui le conduisit à se taire. Pourtant, la vie le ramena très vite dans cette direction. Mais il connut plusieurs échecs qui le poussèrent à s’évader dans un monde de sentiment absolu, guidé par l’écriture et la peinture.
Millepertuis raconte l'histoire de Léo qui suit des études de droit dans les années soixante, se marie avec Elisabeth et voit mourir son premier enfant, peu après sa naissance. Ce drame va l'amener à se poser de nombreuses questions devant une Elisabeth sidérée. Léo entame dès lors un nouveau chemin. Il affirme son homosexualité, espérant à chaque nouvelle relation aboutir enfin à la réalisation d'un grand amour. Mais cela n'arrive pas assez vite. Découragé, il fait une tentative de suicide. Par la suite, il retourne souvent séjourner au domaine familial, les Millepertuis, où il rencontre finalement Achille. Son destin en sera bouleversé à jamais.
Michel Aurouze livre ici une histoire au style et au ton très particuliers. Il s'agit d'une tragédie dans laquelle passé et présent se mêlent de façon irrationnelle et mélo-dramatique. En effet, s'il peut encore être parfois difficile de s'assumer homosexuel de nos jours, l'ode au désenchantement que l'auteur propose et le traitement qu'il lui réserve dans son histoire paraissent assez irréalistes. En outre, si le romancier évoque avec minutie les relations avec les femmes, celles-ci ne sont jamais réellement approfondies et restent souvent au niveau du ressenti, sans aborder le cheminement psychologique qui conduit les personnages à agir ! Bref, un roman intéressant et bien écrit, mais qui dessine un cheminement vers l'homosexualité déjà daté, tel qu'on le vivait à la fin des années 80, c'est-à-dire marqué par une forte touche de culpabilité et de désenchantement.
Michel Aurouze, Les Millepertuis, Paris, Éditions Geneviève Pastre, collection Les Gémeaux, 1998, 20 €.


 

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