Jacques Maudhuit, dit Michel Aurouze  Jacques Maudhuit, dit Michel Aurouze vous convie à un "Ciel-Voyage"grâce à ses tableaux qui illustrent ses romans.
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Entretien avec Michel Aurouze

Cet été, vous avez participé au Festival du Livre de Sablet. Quelles impressions vous restent-t-il de cette expérience?

Eh bien ! Les Journées du Livre de Sablet se sont déroulées dans un climat bon enfant et loin de tout esprit de coterie, comme l'a souligné la marraine de ces Journées Noëlle Châtelet en remettant le prix du Premier Roman à Marc Durin-Valois pour L'Empire de la Solitude. Il a d'ailleurs reçu comme prix son poids en bouteilles de vin. Tout est là : les Journées se déroulent en plein air, dans un cadre prestigieux. Quand vous arrivez au village, tout proche de celui de Séguret, vous pensez vous rendre dans une crèche provençale au pied des Dentelles de Montmirail ! Avez-vous eu des commentaires, des félicitations pour votre expression ?Oui ! Mon stand avoisinait celui de Jacques Salomé et j'étais à côté de Marie Rouanet. Elle a tout de suite reconnu mon roman Les Millepertuis puisque elle avait fait partie du jury Antigone de la ville de Montpellier, il y a deux ans.J'ai aussi longuement débattu avec Noëlle Châtelet de l'inutilité d'un ghetto de littérature homosexuelle à propos de son dernier roman La tête en bas. Il analyse le chemin tortueux que doit gravir une jeune adolescente qui voit surgir dans ses parties intimes un petit sexe masculin. Ce livre aborde donc, de façon magistrale, le problème de l'androgynie si exclu de notre littérature.Par ailleurs je devais revoir Yves Berger mais hélas, il a eu un contretemps à la dernière minute. Je lui ai donc téléphoné et il a été ravi d'avoir de bonnes nouvelles de Sablet et de tous ses amis.

Dans Ecriture Fantôme vous prenez une phrase de William Burroughs en épigraphe et vous concluez par une citation de François Mauriac. Un homosexuel invétéré et un homophobe. Le mariage de ces deux écrivains est, à l'image du livre, déroutant. Quelles étaient vos intentions en abordant cet ouvrage ?

On peut admirer l'oeuvre de Céline, son style et dés-approuver son antisémitisme. On peut aimer Aragon et ne pas cautionner ses engagements staliniens. Il n'y a là rien de déroutant puisqu'il n'y a pas que les antisémites qui lisent Céline, et tous les staliniens ne lisent pas Aragon ! Quand je me suis mis à écrire Ecriture Fantôme, il m'était resté en travers de la gorge qu'un député homosexuel puisse défiler contre le Pacs derrière l'écriteau : "Les Homos au bûcher". Dans le passé, hélas de nombreux homosexuels ont péri sur des bûchers. Cette imposture ne doit pas être oubliée.Or, je venais de relire toute l'oeuvre de Williams S. Burroughs et j'étais sous l'emprise de sa poésie. Je me suis mis au travail ! Mais comme l'a écrit François Billy dans le Dauphiné Libéré, mon écriture a pris un tour si fantasque que le livre est devenu "un clin d'oeil malicieux au surréalisme."Mais tous les lecteurs n'accèdent pas à cette forme d'humour et je le comprends tout à fait.

D'ailleurs, quel est votre point de vue sur l'homosexualité ?

Mon opinion sur l'homosexualité se heurte aux opinions bien enracinées. Je pense qu'elle a existé de tout temps. Anacréon, VI av. J.C. parlant du sentiment de l'amour disait qu'il était trop important pour que l'on se préoccupât du sexe de son partenaire. Et, dernièrement Jean-Louis Bory n'écrivait-il pas (je cite approximativement) : "Etre hétérosexuel à 100% ou homosexuel à 100 % relève de la pathologie. Chacun a en soi une part d'animus et d'anima".C'est une pulsion naturelle et vouloir scinder l'humanité entre hétérosexuels et homosexuels envenime les choses. Mais notre culture (il n'y a qu'à lire les romans...) imposait aux individus de contenir leur sexualité et par conséquent de refouler leur homosexualité. Actuellement c'est différent : il arrive à de très jeunes gens de sortir un soir avec une copine et le lendemain avec un copain. Et je pense que c'est eux qui ont raison.J'ai toujours cru qu'une telle tolérance aurait évité certaines barbaries et permis une expression artistique beaucoup plus riche et variée. Je suis marié et père de trois beaux enfants (hétérosexuels bon teint) et ils considèrent ma part d'homosexualité comme partie intégrante de ma nature artiste.

Vous êtes peintre. Comment cela "déforme" reforme-t-il votre écriture ?

Cela m'aide ! Le plaisir, j'allais écrire l'extase de la création, est le même que je peigne ou que j'écrive. Tout à coup je démarre dans mon écriture ou dans mon tableau. Plus rien n'existe que le tête à tête. Alors on est vraiment soi.Je fais partie d'un atelier de peinture. Et j'oublie toujours l'exercice et je transgresse. J'ai dit à mon professeur : "Si je t'écoutais, tu me ferais peindre contre soi !- Eh bien ! m'a-t-il répondu, c'est là qu'on peint les meilleures choses !"J'en suis resté coi ! Mais je vais quitter cet atelier, à moins que je constate que le plaisir de transgresser m'amène, lui, à la création !Un tableau est autre chose que ce qu'il représente. Est-ce que je me rapproche le plus de ma vision par la peinture ou l'écriture ? Je n'ai pas encore répondu à cette question.Mais il est certain que je peins comme j'écris, dans la pulsion.

La ponctuation participe au rythme vif, presque violent de l'histoire. Y avait-il un souhait particulier à ce propos-là ?La ponctuation ! Je suis fâché avec elle ! Comment l'avez-vous deviné ? Mon principal éditeur jusqu'à présent était Geneviève Pastre, agrégée de grammaire. Elle a écrit beaucoup de poésie d'avant garde sans point ni virgule. Elle m'a dit : "Vous mettez trop de virgules !". J'en ai tenu compte et d'après ce que vous me dites c'était un excellent conseil ! Dans la première partie, le personnage du poète englobe le narrateur par l'entremise d'un désir avide, d'une sexualité débridée et urgente. En même temps il semble coincé par le langage, par son langage, comme si le verbe se substituait au physique. Pourquoi ?Le poète est amoureux depuis longtemps de son confrère. C'est un désir très physique, il va essayer de le séduire par une approche à laquelle il le sait sensible, c'est-à-dire la poésie. Il va lui proposer une joute littéraire. Le langage que j'ai voulu poétique, va se substituer au geste amoureux. C'est un exercice périlleux car nous avons à faire à deux poètes d'égale valeur.Quels sont vos projets ?Mes projets ? Je devais rencontrer Yves Berger. Je lui ai téléphoné et lui ai exprimé, entre autres, le désir de lui envoyer mon sixième manuscrit puisqu'il m'a toujours conseillé. (Il estimait que Ecriture Fantôme aurait, autrefois, été digne de Jean-Jacques Pauvert ).Dans ce sixième manuscrit, qui tient du roman policier ou du roman fantastique, je ne sais, l'homosexualité est moins présente. Je voudrai être lu par tout le monde, je voudrais réconcilier tout le monde. C'est peut-être là l'utopie... >>> Michel Aurouze sur manuscrit.comUn extrait de Ecriture fantôme Le site de l'auteurhttp://perso.wanadoo.fr/michel.aurouze

Propos recueillis par Lionel Vicari, août 2002.Copyright manuscrit.com 2002.

Contactez l'auteur : michel.aurouze@wanadoo.fr

 

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